Le partnership visa

J’étais partie pour terminer mon article sur comment échanger son permis de conduire et j’ai reçu un flot de questions concernant l’obtention avec succès de mon « partnership work visa »… Du coup, l’échange de permis attendra quelques jours.

Toutes mes informations proviennent du site de l’immigration, de mes différents coups de fil avec eux, des conseils avisés que j’ai reçu (gros big-up à la communauté française, plus particulièrement à Mai) et de mon expérience. Etant avec un kiwi, je pars de ce postulat. Si vous êtes dans une situation différente certaines informations peuvent varier.

Je vous préviens l’article est long.
Si tu viens de rencontrer ta moitié et envisages de postuler, je t’encourage quand même à lire ce qui va suivre, pour la simple et bonne raison que le plus tôt tu amasses des preuves et constitues ton dossier, plus c’est facile le jour où tu dois soumettre ta demande.

 

C’est parti pour l’article le plus long et le plus chiant que j’ai eu à écrire jusqu’içi.

Le « partnership visa » oui mais le bon !

Le « partnership visa » est un visa qui vous permet de travailler et /ou étudier (sans restrictions majeures) en Nouvelle-Zélande, si votre conjoint est néo-zélandais, détenteur d’un visa de travail (conditions d’éligibilité içi) ou étudiant (conditions d’éligibilité içi).

Première chose à savoir, il y a deux partnership visa :

  • le partnership visa qui équivaut à un visa de résidence :
    durée illimitée, possibilité d’étudier et de travailler sans limitation de durée (on peut donc prendre un « permanent job » (un genre de CDI) et on a les droits qui vont avec ceux d’un résident.
    Il vous faudra pouvoir justifier 12 mois de vie commune (de manière tacite plus ou moins en Nouvelle-Zélande), les régles d’obtentions sont plus strictes que le second.
    Son coût : $1250
    > le lien
  • le partnership work visa :
    durée limitée à un ou deux ans, possibilité de travailler sans limitation de durée.
    Il vous faudra pouvoir justifier 3 mois de vie commune. Si c’est moins pas de panique, il faut surtout qu’ils comprennent le sérieux de votre relation et y croient.
    Son coût : $413
    > le lien

La première fois que nous avons appelé l’immigration, on nous a orienté sur un visa partnership de type résidence qui est quasi impossible à avoir du premier coup.
Sous les conseils de ma copine Mai qui me disait qu’il fallait impérativement passé auparavant par un work partnership visa, nous avons rappelé l’immigration. Ils nous ont confirmés par deux fois cette information, nous expliquant qu’en général les gens faisaient 2 partnership work visa (de un an) avant de demander le residence partnership visa.

Il semblerait qu’obtenir un visa de 2 ans relève du miracle et que l’on cherche encore ses détenteurs.
Pourquoi 2 visas ?
Pour le partnership visa, il faut prouver un an de vie commune (idéalement en Nouvelle-Zélande), ce visa étant similaire à une demande de résidence, il est plus long à obtenir que le partnership work visa.
Ils nous a donc été conseillé à l’immigration de faire la demande deux ou trois mois après l’obtention du second partnership work visa. Ce qui semble assez logique : votre 1er partnership work visa justifiera de votre année de vie commune, le second vous assure de rester en Nouvelle-Zélande et vous permet de postuler pour la résidence.

Selon les différents témoignages que j’ai pû récolter, que vous soyez marié, attendiez un enfant, ayez une maison ou un Kiwi apprivoisé ne vous aide pas plus à obtenir la résidence du premier coup. J’ai le souvenir de ce jeune homme expliquant que malgré un bien, une vie commune de 5 ans à l’étranger et un enfant en route : il était passé par deux partnership work visa, sa résidence lui ayant été refusé la première fois.
Bien sur, on peut partir du principe que son dossier était mal monté… Je préfère partir du principe que c’est la règle tacite et jouer la sécurité. Surtout que si vous n’avez pas la résidence, on peut en effet par chance vous donnez un work partnership, mais on ne vous remboursera pas les $1250.

L’application se fait uniquement par courrier. Je vous encourage néanmoins à consulter le site de l’immigration concernant le partnership work visa, ici.
Il n’est également pas possible de suivre l’avancement de la procédure en ligne, le seul moyen est donc d’appeler l’immigration, ici.
Sur le site, il est écrit 25 jours ouvrés pour l’obtention du visa… Dans les faits, la moyenne se situe plus autour de 3/4 mois, après je l’ai eu en 10 jours ouvrés.

 

Ma situation.

Si vous êtes venu pour savoir comment j’ai monté mon dossier, vous pouvez zapper cette partie.

Avant toute chose, soyons clair sur ma situation, ce qui ne vous concernera peut-être pas :
je suis Française de nationalité, en couple avec un kiwi et nous avons fait notre demande sur le territoire néo-zélandais 3 mois après mon arrivée en Nouvelle-Zélande.

Alex et moi étions ensemble depuis environ 1 ans dont une bonne partie à distance. Avant cela, nous vivions en Corée du Sud où il n’est pas possible d’ouvrir un compte commun pour des étrangers, où les factures sont adressé au numéro de l’appartement…
Difficile donc de justifier de notre relation.
Nous avons envisagé à la base de postuler avant les un an recommandé, nous ne l’avons pas fait juste parce que nous avons tenté une autre approche. Dans notre cas l’immigration nous avait dit que cela ne posait pas de problème. Je pense que celà se fait au cas par cas, encore une fois n’hésitez pas à les contacter. 

 

Monter son dossier !

Je préfère prévenir ça va être long.

  • Dans un premier temps, il vous faudra remplir deux formulaires :
    l’un pour ton conjoint qui « sponsorise » le visa (lien), donc içi Alex qui est Kiwi et le second pour la personne qui applique pour le  visa, ici moi, Julie française (lien).
    Il n’y a pas de difficultés majeurs à remplir ces documents.
  • Deux photos d’identité en couleur format passeport (4.5cm x 3.5cm), pour toi.
  • Ton passeport, oui le vrai, pas la copie.
    Si tu avais prévu de visiter les îles Fidji, oublie ! Ils me l’ont renvoyé sous une semaine suite à ma demande par téléphone. Je vous invite à faire de même.
  • Le certificat de naissance de ton Jules kiwi.
    Pour nous il n’est plus obligatoire mais je laisse ceci au cas où. Il le reste pour la résidence.
    Quoi ? Tu ne te balades pas avec ? Tu n’en as pas un exemplaire sur toi ? Allez bonne nouvelle, on ne peut pas le demander à l’ambassade. Youhouuu !
    Relax, ce n’est pas la démarche la plus compliquée, on peut le faire en ligne.
     Je suis allée sur le site de ma ville de naissance et ai demandé un extrait d’acte de naissance plurilingue. Oui parce que tiens toi bien mon bichon, je te fais économiser le prix d’une traduction : cet extrait est traduit en plusieurs langues et accepté par l’immigration.
    C’est gratuit et si ta mairie n’est pas trop branquignol, tu peux l’avoir en 15 jours.
  • Ton extrait de casier judiciaire français, le bulletin N°3.
    Ca ne sert toujours à rien d’appeler l’ambassade, je pense qu’on finira par s’y faire. Tu peux faire la demande en ligne, ici. Franchement, chapeau à l’administration, je l’ai reçu en une semaine. C’est gratuit.
    Il faudra le faire traduire. Je suis passée par Can Can Translations (facebook içi).
    Rien à dire, ça m’a coûté $40 de mémoire, j’ai reçu ma traduction 48h après avoir envoyé mon e-mail et payé. La jeune femme qui s’occupe de ce business est adorable et française (autant faire travailler les compatriotes).
    Vous pouvez passer par les services de l’ambassade, maintenant de mon expérience, ceux sont de gros c*** détestables. Ce n’est pas mon premier tour de piste, jamais vu des gens aussi incompétents et méprisants. Bref, si tu veux leur donner du fric, je te laisse trouver les infos par toi-même.
    Si comme nous, tu as vécu à l’étranger, plus de 5 années consécutives dans le même pays à partir de tes 17 ans > il te faudra aussi un extrait du casier judiciaire de ce pays. Pour ce type de demande, l’ambassade du pays concerné pourra te répondre. Dans notre cas, nous avons fait la démarche auprès de l’ambassade de Corée du Sud en Nouvelle-Zélande.
  • Les tests médicaux. Prépare-toi à raquer.
    Il te faut passer un médical test et un chest ray. Grosso modo, tu vas faire pipi dans un bocal, on va te faire une prise de sang pour vérifier que tu n’as pas de MST ou le cancer du cancer, te peser, te mesurer, vérifier que tu sais lire, s’assurer que tu n’as pas la tuberculose (même si tu es vacciné) et te demander si tu n’es pas complètement barré lors d’un entretien qui ne doit pas excéder les 5 minutes ; et ce, pour environ… $1000 !
    Il faut bien sur aller dans un hôpital agréé par l’immigration, comme d’habitude je te donne le lien ici.  Pour certains, c’est peut-être moins cher, le mien est le seul à 2h de route à la ronde… L’immigration un business qui rapporte ! ;)

Et maintenant le dossier de preuves… Je ne vous garantis pas d’avoir votre visa en suivant ce que j’ai fait, mais l’immigration nous ayant félicité pour la qualité de notre dossier ça peut aider.
Il y a 2 commandements à connaître : « des preuves, tu amasseras », « un dossier facile à lire que tu créeras »

 

  • La lettre :
    il vous faut écrire une lettre en anglais décrivant votre situation et histoire. Généralement, les couples en écrivent une chacune. Nous en avons écrit une à deux, en utilisant le « nous » tout du long.
    Le ton doit être « mignon/romantique », n’écrivez pas de manière factuelle.
    Ce que veut l’immigration, c’est croire en votre histoire et sa stabilité. Elle veut voir un couple qui se projette, est heureux et ne rompra pas dans 6 mois. Vous pouvez être marié, avoir un enfant et un Kaka apprivoisé, si la personne ne croit pas en la durabilité de votre relation : c’est mort (dixit l’immigration).
    Je vous mets notre lettre en exemple, je suis sympa. C’est notre intimité, mais j’aurais aimé en avoir une pour nous aider.


Sur la lettre, vous pouvez voir des chiffres de différentes couleurs. L’immigration m’avait fortement conseillé de faire une « timeline » ce que j’ai fait. J’en ai fait une de la taille d’une petite règle que j’ai découpée… Histoire que la personne qui traite le dossier puisse s’y retrouver facilement. C’est un fil rouge, notre fil conducteur.
Dans tous le dossier, on retrouve cette histoire d’icônes ou de numéros, afin que la personne puisse s’y retrouver facilement.
Tu l’auras compris, je travaille dans la com. Si ça n’est pas ton cas, tu peux toujours faire quelque chose de propre à la main, utiliser des gommettes ou que sais-je.
Je te mets la photo à la suite de la lettre de notre « règle » pour que tu comprennes bien.

 

  • Les témoignages :
    je crois que c’est une des choses les plus facile à avoir et à laquelle on n’accorde pas assez d’importance. Nous avons fonctionné ainsi :
    Alex > 1 témoignage d’ami (kiwi), 1 témoignage d’une relation professionnelle (professeur d’université), 1 témoignage de ses parents.
    Moi > 1 témoignage d’ami (français), 1 témoignage de ma collègue de travail (qui expliquait que j’avais quitté mon travail pour venir en Nouvelle-Zélande), 1 témoignage de ses parents.
    + 1 témoignage d’un ami en commun américain.
    Certaines des lettres, nous les avons sciemment conservé dans leurs enveloppes pour leur caractère officiel (comme les témoignages pros), d’autres étaient des impressions de mail avec signature à la main. Nous avons essayé de privilégier au maximum le coté manuscrit que l’on ne nous accuse pas d’un faux et avons laissé les fautes d’Anglais pour mes amis coréens.

 

  • Les preuves :
    cette partie ne regroupe pas « les factures », c’est un amas de preuve certifiant notre discours sur nos allés-retour.
     contrat d’appartement : accompagné de quelques photos de notre vie à deux.
    Alex et moi ayant vécu séparés, nous avons également mis :
     preuves des raisons de son départ : dans notre cas « police assessment » mais ça peut être une mutation, une opportunité pro, une raison médicale ou que sais-je…
    – les tickets d’avions : prouvant son départ, ses visites, mon arrivée… Et les factures correspondantes, certains tickets ayant été payés par l’un d’entre nous pour les deux.

 

  • Quand nous étions séparés…
    Si vous avez vécu séparé pour x raisons, il faut prouver que vous entreteniez une relation.
    J’ai donc regroupé par mois sur des doubles pages des screens de nos conversations. Pour le moi de juin, seulement, j’ai rajouté une page prouvant que nous parlions beaucoup de notre futur entre autres du travail.
    Si, comme moi, vous devez remonter dans 10 mois de conversation Facebook et ne souhaitez pas le faire à la main, voici l’astuce que j’ai trouvé et qui remontera votre conversation à son début. Il y en a peut-être une autre, je ne la connais pas :
    1- allez sur « m.facebook.com » et choissisez la conversation avec votre cher et tendre
    2- clickez « ctrl + shift + j »
    3-  après copiez ce code dans la rubrique qui est apparu sur votre droite :
    setInterval(function () {
    document.getElementById(‘see_older’)
    .getElementsByClassName(‘content’)[0].click();
    }, 500);
    J’ai mis comme conversation du quotidien, des délires, beaucoup de cœurs, des selfies Il ne faut pas avoir de soucis à partager son intimité. J’ai calculé en moyenne 10 à 15 screens par mois de séparation.
    Nos conversations remontaient seulement au mois d’avril et ne couvraient pas toute la période. Nous avons simplement expliqué que nous n’avions pas tout gardé.

 

  •  Photos et évidences
     j‘ai commencé par quelques pages regroupant des screenshots de nos postes respectifs sur la page de l’un et l’autre.

     photos : composition de photos en vrac, non daté, avec des amis, seuls…
    Puis j’ai fait des pages dédiés à certains moments de notre vie : fiancailles, les sorties que nous avons pu faire ensembles, un séjour en vacance, un festival…
    Je les ai accompagnés des factures pour certains. Par exemple, je lui ai offert une place pour l’UMF (festival), j’ai mis nos photos avec nos potes, la facture, mon relevé bancaire indiquant que j’avais payé pour deux et un screenshot de son Facebook où il explique être content.

     Alex apprend aussi le français, bon apprendre est bien grand mot… Mais quelques essais idiots dans la langue de Molière montre aussi son engagement dans notre relation.
    J’ai fait des screens de quelques phrases qu’ils m’envoient, postes… Une de notre carte maîtresse : nous avons acheté un chien.
    Idem : photos de notre chien, son enregistrement à nos deux noms, la facture…
    Ca peut être une invitation à un mariage…N’hésitez pas à mettre quelques originaux. Ainsi, pour notre séjour à Everland, j’avais acheté les photos débiles qui sont vendues dans tous les parcs d’attractions. Tous vos originaux vous seront restitués et ça rajoute de la crédibilité.

 

 

  • Factures
    Je dirais que comparer à la première partie, celle-ci regroupe plus de choses concernant notre installation à Kiwiland.
     Pas besoin de vous faire un dessin : tout ce que nous avons acheté ensemble : frigos, etc.
    Vous pouvez aussi vous constituer des preuves facilement : mettre l’assurance d’une voiture à vos deux noms, le téléphone des deux aux deux noms, notre loyer, gym…
    Tout ce que vous pouvez mettre sous vos deux noms > faites le, même de vieilles factures, les kiwis ne sont pas réticents à vous aider.
  • compte bancaire a nos deux noms +relève de bancaire de l’un ou de l’autre pouvant prouver que vous avez acheter des choses pour le couple. Ainsi avec ma carte bancaire et compte personnel français, j’ai acheté de l’électroménager (facture à nos deux noms) > cela prouve mon implication dans le couple.

Toutes preuves supplémentaires que vous avez sont bien sures à intégrer et je vous laisse juge de la catégorie qui vous semble la plus adaptée : mariage, enfant, achat d’un bien…

Le dossier a été présenté sous forme de pochettes reprenant les points ci-dessus, grosso merdo :
 son formulaire + ses papiers : identité, casier…
 mon formulaire + mes papiers : passeports, casier traduit…
 lettre + timeline + guide
 témoignages
 preuves de notre discours et mouvement : avions, contrat de location…
 preuves de quand nous étions séparés
 photos + divers
 factures 
 compte en banque

Libre à vous de faire les catégories que vous souhaitez et d’articuler votre dossier de la façon la plus logique qu’il soit.

En concertation avec Alex, nous avons décidé de vous mettre la totalité de notre dossier, sauf preuves que nous avions envoyé en copie originale (formulaires, factures, témoignages, vraies photos…). Je vous aime, mais pas assez : ça prendrait trop de temps et dieu sait que c’est déjà long.

Je tiens à préciser que ce n’était pas quelque chose d’évident pour nous, mais nous sommes parti du principe qu’on aurait aimé que quelqu’un partage son dossier avec nous parce que c’était relativement stressant. Monsieur ne m’a pas particulièrement aidé et je n’avais aucune idée de comment articuler le machin, j’ai cependant reçu des conseils en ligne. Nous ne prétendons pas que vous l’aurez, mais si l’on peut vous aider… Cela vous permettra également peut-être de mieux comprendre ce que je vous explique ci-dessus.

Vous recevrez votre confirmation d’obtention du visa par courrier. Vous receverez également un petit e-mail dans la semaine qui suit assez sympa > vos droits, comment communiquer au boulot avec des Kiwis…
Je vous laisse la joie de le découvrir.

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