Les joies de l’immigration

Pas mal de gens ont souvent l’impression que la vie « d’expat » est à 100% géniale. Je dis « expat » parce qu’en France, les Français n’émigrent pas hein… ;)
Dans une actualité plutôt à charge contre ces « gens venus d’ailleurs » qui viennent s’installer dans l’hexagone et parce que depuis plusieurs semaines, je rame, j’ai eu envie de vous partager les difficultés de notre quotidien.

La langue.

On entend souvent cette phrase « en France, on parle français », « il est ici depuis deux ans, tu as vu toutes ces fautes ?« , « ils ne font aucun effort », « tu seras en immersion, bilingue dans 6 mois »…
Punaise, mais que de clichés.
Pour l’avoir vécu à Séoul, l’apprentissage d’une langue, quand on n’est pas étudiant est vraiment difficile. Je bossais 12h jours à Séoul, le week-end je voulais profiter un peu, le soir trop fatigué… L’immersion totale ? Non une langue étrangère, reste complètement étrangère si tu n’ouvres pas un bouquin.
Je dois avouer avoir aussi des difficultés, la dyslexie n’aide pas.

Au-delà de ça, si on prend l’anglais, langue dans laquelle j’évolue plutôt bien, toute la journée en immersion est épuisant. Épuisant parce que même si aujourd’hui je ne traduis plus dans ma tête, je fais systématiquement l’effort. Si la personne en face de vous à un accent ou un vocabulaire un peu compliqué, cela vous demande un grand effort de concentration et d’écoute. Il y a des jours, ou certains moments dans la journée où je ne comprend plus rien. Je suis juste fatiguée et n’ai plus l’écoute.
Cela devient très problématique quand vous vous retrouvez dans un groupe de plusieurs personnes. Les gens parlent vite, vous devez vous concentrer sur chaque personne, il suffit que vous ayez raté une ou deux phrases… c‘est bon vous avez décroché. Un moment sympa se transforme alors en grand moment de solitude.

Une chose à laquelle on est confronté quand on est quasi bilingue est aussi le manque de considération du natif. Je m’explique…
Alex part du principe que je comprends tout, là où je dois comprendre 85%. Comme nous évoluons dans sa langue, il aurait tendance à utiliser des expressions que parfois, je ne connais pas. Vous pouvez tomber sur quelqu’un parlant parfaitement français et ne comprenant pas cette histoire de « fièvre de cheval » ou « lapin posé ».
Certaines notions de vocabulaire ne me parlent pas non plus : vétérinaire, science fiction, loi…
Les gens omettent aussi votre propre culture du langage. Si on prend le ton, il arrive souvent que les étrangers pensent que nous nous disputons quand nous parlons français. La personne en face de vous à beau savoir dans le fond que c’est votre façon de parler et ne s’en offusque pas quand vous parlez français, elle pourra vous le faire remarquer (pas toujours très gentiment) quand vous utilisez sa langue.
Il y a aussi la façon de communiquer qui crée parfois des incompréhensions, que l’on ne vous pardonne pas ou plus, parce que vous êtes presque bilingue.
C’est épuisant. J’ai cette sensation de dire parfois 20 fois par semaine : « désolée, n’oublie pas, je suis française, nous nous sommes mal compris ». Mais les gens nous le pardonnent peu ou pas à un certains niveau de langage pensant à une excuse toute trouvée.
Rajoutez à ça la fatigue quotidienne d’évoluer dans une langue différente de la sienne, et il y a des jours où vous êtes vraiment à bout.

Une chose qui peut être aussi agaçante et se veut souvent bienveillante, c’est l’ayatollah de l’orthographe ou de la conjugaison. Vous savez le mec qui va vous corriger chacune de vos phrases, pour améliorer votre niveau de langage certes, mais qui vous fera juste très vite ou perdre votre sang-froid ou vous faire taire à jamais.

En bref apprendre ou évoluer dans une autre langue n’est pas si évident. Il faut vraiment sortir de ces clichés et se rendre compte de ce que cela demande pour la personne vivant dans le pays. C’est un effort quotidien, que bien sûr nous devons faire, mais parfois un peu d’empathie serait la bienvenue. Big up aux immigrés/expats en France, notre langue est un cauchemar à apprendre ;)

 

Le quotidien.

Si vivre à l’étranger est réellement excitant et que chaque jour, je m’émerveille … à contrario, en quelques instants, tout peut devenir très galère. Le moindre grain de sable dans votre routine, peut devenir un véritable enfer.
Il est dur pour les gens n’étant jamais sortis de France de se le figurer, mais au-delà des barrières de la langue certaines choses sont totalement différentes de ce que nous ferions en France.

Je me rappelle ma première fuite d’eau à Séoul. Qui appeler ? Mon proprio ? Le mec qui gère l’immeuble ? Un plombier ? Mais où le trouver ? Comment lui dire ? Je ne vous parle pas des démarches administratives qui auront leur propre point.
Quand vous êtes malade ? À Séoul, on va à l’hôpital pas chez le docteur. Chaque clinique à plus ou moins sa spécialisation. Où trouver des rideaux ? Installer internet, acheter du Doliprane, retirer de l’argent…
On réapprend tout comme des enfants. C’est excitant et passionnant. Je dis toujours que j’ai développé à travers mes différentes immigrations une vraie capacité à m’adapter. C’est en revanche parfois démoralisant, surtout si vous n’êtes pas soutenu ou aidé.
Il m’est arrivé en Chine, de chercher pendant 30 minutes du dentifrice entourée de Chinois me regardant en riant… Je vous jure, il y a de quoi se tirer une balle. Ca ne se veut absolument pas méchant.
Pensez-y juste, parfois un petit coup de pouce qui vous prend 5 minutes dans votre journée peut épargner une heure de galère à votre interlocuteur.
En ce moment j’apprend à conduire à gauche, au delà de la réflexion, vous ne vous imaginez pas comme il peut être difficile de lutter contre ses réflexes ou habitudes acquises depuis 30 ans. Je dis 30 ans parce que, même pour m’assoir coté passager, je me trompe encore de portière.

Je peux vous dire que certains jours, il ne faudrait pas prendre ma tension 😀

 

L’administratif.

Dans chaque pays que j’ai fait dernièrement, il y a une espèce de légende urbaine qui voudrait que ce soit facile pour les étrangers de faire quoi que ce soit et qu’on leur donnerait tout.

Alors les mecs, on va être super claire : non ! Nous sommes généralement des putains de pigeons.
Un immigré qu’est ce que c’est ? C’est quelqu’un qui n’est pas citoyen donc qui n’a pas les mêmes droits, mais qui a souvent les mêmes devoirs. Je m’explique. Vous vivez dans le pays, vous travaillez : oui, parce qu’on ne touche pas de prestations sociales sauf généralement si on est résident et encore. Dieu sait que ce n’est pas facile et que ça coûte un peu de pognon de faire ça résidence.
En résumé : vous travaillez, vous payez vos taxes et vous avez le droit à ce que l’on veut bien vous donner soit pas grand chose. En France par exemple, vous cotisez pour la retraite, mais vous ne la touchez pas si vous partez. Juste, hein ? Dans certains pays, nous payons plus de taxes que les locaux…
Une personne immigrée est donc généralement quelqu’un qui rapporte. Je précise également que jusqu’à maintenant dans tous les pays que j’ai fait, il coûte plus cher à l’entreprise d’employer un étranger qu’un local en taxes.
Concernant notre pays d’origine, nous perdons souvent une grande parties de nos droits. 

Si je prends le cas de mon nouveau pays, je leur ai donné environs $1500 en frais médicaux pour l’obtention de mon visa > vérifier entre autres que je n’ai pas la tuberculose, je suis vaccinée ; faire un check-up qui m’a pris 4 minutes a tout casser, un test d’urine, une prise de sang… Je ne peux aller que dans un centre agréer qui, comme de part hasard, coûte plus cher qu’un hôpital lambda. Comme ce n’est pas de chance… Qui plus est, la seule étude de ma demande de visa coûte $1250, sans aucune certitude d’obtention, évidemment !?? Exemple du casse tête actuel, je dois monter un dossier pour mon visa qui fera environ 150 pages au final, dans lequel je dois faire des capture d’écran de mes conversations avec Alex sur une année environ, exposer ma vie privée, fournir des témoignages, donner copie de mouvements bancaires… Je dois prouver ma relation. Dans mon cas, ok… mais quand j’entend parler des couples avec enfants qui doivent également démontrer que leur relation est sérieuse… -_-  
On ne parlera pas du casse-tête administratif, du sentiment de ne pas être intégré, des menaces parfois à peine voilées des agents de l’immigration qui, s’ils vous ont dans le pif, vous feront vivre un calvaire….
Ne pas avoir les mêmes droits entraîne souvent un sentiment d’exclusion. Ainsi une amie m’expliquait qu’elle ne pouvait ouvrir ou même gérer le compte bancaire de son fils, elle n’a pas la nationalité du pays, elle n’a pas les mêmes droits ; même si son mari est lui du pays, qu’ils sont mariés depuis des années…
Cela peut aussi être un soucis pour le conjoint. En Corée, un étranger, même marié et vivant depuis des années dans le pays ne peut pas emprunter de l’argent, le conjoint le fait en son nom seul… Ici sans la résidence, même mariée, je ne peux pas être propriétaire. Les gens ont qu’à prendre la nationalité du dit pays ! Comme si c’était si simple… C’est loin d’être automatique, les dossiers sont souvent très lourds à monter et très couteux et cela veut parfois dire devoir renoncer à la sienne.
En Corée, la première chose que l’on vous dit est : face à la police, un local gagnera toujours sur vous, même si vous êtes dans votre bon droit. Beaucoup d’étrangers décident donc de ne plus aider des coréen après s’être fait arnaquer et il y a de nombreux abus de la part de locaux envers les étrangers qui sont vulnérables.

Alors oui, l’inverse existe aussi, j’en ai déjà parlé des abus des étrangers. Aujourd’hui, on prend ce cas de figure, parce que ca va bien 5 minutes de tout le temps comparer et de devoir tout le temps la fermer. 😀

 

 

 

La culture.

La nourriture me parait le premier point le plus évident. On a beau aimé les ramens, le saucisson peut cruellement nous manquer. 
Je me souviens avoir rêvé de croque-monsieur > pain + fromage + jambon (introuvable quand j’étais à Shenzhen). Aujourd’hui, avec la mondialisation, on peut en cherchant bien trouver quelques produits français : vin, fromage, saucisson parfois… À quel prix !
Cela peut paraître vraiment idiot, mais je me rappelle une amie chinoise, ayant ses enfants français, houpillées par la maîtresse parce que le petit de 3 ans n’avait jamais mangé un coq au vin et ne savait pas ce que c’était.
Je ne sais pas cuisiner coréen. Il y a sûrement des plats dont j’ignore même l’existence. À cas égale les Français me diront sans hésitations : quels cons ces coréens, ils pourraient faire un effort de compréhension ! Quand ils diront à cette jeune femme qu’elle ne fait aucun effort…
Ca, c’est dur à vivre et quand on est étranger, on en a pleinement conscience de ce deux poids deux mesures. Dur parce qu’on en fait des efforts, plus que quiconque au quotidien.

Cela vient aussi dans les références culturelles. Même si je fais tout 100% comme un local, jamais je ne serais vraiment à 100% intégrée. Je n’ai pas toutes les références : enfants (dessins, chansons…), politique, historique… Je peux le combler bien sûr par l’apprentissage, mais il y a des choses que je n’aurais pas vécu et ne pourrais pas rattraper.
C’est quelque chose que l’on oublie souvent. Si on prend le sens inverse, j’ai parfois envie de partager mes références. J’adore Chabat, les Nuls, Astier… Ce n’est pas quelque chose que je peux partager avec quelqu’un qui n’est pas français.
Ca peut paraître vraiment insignifiant, mais c’est parfois pesant. Dans les deux cas, on a des ratés dans la relation, sur des blagues ou autre (oui, parce que l’humour n’est pas universel par exemple). On a parfois un sentiment de solitude ou de frustration.

 

 

 

Le racisme et la xénophobie.

Y a toujours ce gros con qui viendra vous dire que vous piquez le boulot d’un local, que vous ne faites pas assez d’efforts, que vous ne parlez pas assez bien la langue, qu’on vous aide trop…

Souvent le même gros con qui n’a jamais foutu un pied hors de sa ville ou de son pays (des vacances au Club Med ne comptent pas, même si j’adore le Club Med).
Oui, nous avons choisi de vivre ailleurs, mais merde, parfois, laissez-nous le droit de nous plaindre parce que oui, c’est dur, le droit de nous retrouver entre français pour décompresser (non pas que les locaux soient une prise de tête, juste nos référence, notre langue).
Par ailleurs, certains jours sont tellement difficiles, croyez vous réellement que nous n’aimons pas le pays dans lequel nous sommes et que nous avons choisis ? Bien sûr, nous gardons des choses de nos cultures qui peuvent parfois agacer, mais n’oublions pas que quelqu’un qui immigre, c’est avant tout parce qu’il aspire à un futur meilleur à court où long terme.

Pour être victime des statsnon maoris, non europeénne Nz (comprendre un kiwi blanc), je peux vous dire qu’il y a des jours où j’ai vraiment envie de me mettre sous la couette et de pleurer toute la journée. En Asie, j’ai été victime du cliché : blanche + grande = pute ; refusée de certains endroits ; je me suis fait cracher dessus ; j’ai eu le droit au discours gouvernemental sur la non-pureté de mon sang, sans parler de certaines lois bien discriminatoires…

Alors dans mon cas, il y a deux choses qui me rendent barge.
Vous avez les cons qui vous disent que le racisme envers les blancs n’existe pas (souvent de bons gros ethno-centrés non cultivés) et qui se foutent de votre gueule. Ceux-là se prennent souvent pour des génies du verbe et vous sortiront des vocables plus péteux les uns que les autres, alors qu’ils sont d’une ignorance… Je mettrais ce mec dans le même sac que le donneur de leçon qui a vécu 3 mois dans ton pays, quand il n’y est juste pas passé en vaccances et qui t’explique que tu as choisis donc que tu as juste bien à la fermer ou juste qu’il sait mieux que toi. Alors toi, tu peux aller manger tes morts.
Il y a aussi le mec qui vous sort des blagues racistes et qui va en plus vous dire que vous n’avez pas d’humour. En fait, quand on vit le racisme tous les jours, ben les blagues sur notre couleur de peau ou les clichés qu’on véhicule, ça nous fait pas rire, ça nous fait juste chier.
Ce n’est pas ne pas avoir d’humour, mais quand en réunion, votre client veut vous sauter parce que vous êtes blanche et donc une pute ; que vous avez passez deux heures à tenter de vous en sortir au milieu de clichés dégeulasses et que le soir quand vous êtes à table vous entendez sur le ton de l’humour que vous, c’est parce que vous êtes blanche que vous aimez la viande sous un tollé général (exemple idiot) > vous avez juste envie de disparaître ou d’étrangler la tablée.
En fait, l’humour raciste, c’est un bon moyen pour un gros lourdeau de cacher sa xénophobie ou son racisme ou le seul trait d’humour disponible pour les faibles d’esprit.

Au « l’étranger pique le boulot des locaux », je prendrais mons cas. Recrutée, par une agence qui fonctionnait bien, j’ai apporté un savoir-faire français absent du pays et participer en un an à la création de 11 emplois dans ma compagnie. Si on prend certains pays comme la NZ, les étrangers (notamment en Working Holiday) arrangent bien l’Etat qui malgré le chômage, serait en manque de main-d’oeuvre sans eux.

Oui, parce que c’est aussi un sujet tabou dans toutes les sociétés moderne: si quelqu’un qui ne parle pas ta langue, ne vit pas dans ton pays, coûte plus cher à ton entreprise, trouve du travail et que tu n’en trouves pas : pose toi des questions.

Personellement, une des choses qui me blesse le plus est quand on parle de moi comme si je n’étais pas là ou que l’on m’appelle par ma couleur de peau, mon pays ou étranger.
Il y a quelques jour je suis allée à la banque et la jeune femme ne m’adressera jamais la parole. Elle s’est adressé à Alex, malgré que je lui parle, lui demandant ma date de naissance etc. En parlant a son collègue, elle m’appelait « l’étrangère » malgré qu’elle est mon nom, mon prénom… Ca parait surement annodin, mais c’est un vrai déni d’identité. Alors on peut supposé qu’elle ne sache prononcé mon nom, ou que sais je… mais il faut savoir une chose, qui est encore plus valable quand on ne s’exprime pas dans sa langue maternelle, on peut le dire : ce n’est pas insultant d’écorcher un prénom en essayant de le dire. Mais ignorer son interlocuteur et le ramener à l’état d’étranger, ça l’est.

Il y a aussi les clichés, ma famille m’appelle souvent « la française » et certains me disent à chaque fois que je les vois : « tu as mangé des grenouilles ?« , « tu n’as pas mis ton béret », « bonjour, voulez-vous coucher avec moi ?« … Rien de grave, vous me direz. C’est vrai… Mais au bout de la 50e fois, le « Yabon Banania« , commence à peser. 
Un exemple vécu il y a peu : 

 Madeline (4ans) : pourquoi tu parles dans une autre langue ?
 moi : pcq je ne suis pas née ici, mais de l’autre côté de la terre et nous parlons une autre langue. Il y a plein de langue dans le monde.
 Sa mère me coupe avec un « uhm » : Julie est française (autant dire qu’avec ses connaissances géographiques de 4 ans, ça la laisse perplexe). Comme tu l’entends sa façon de parler, est mauvaise et son accent bizarre. Mais elle va arrêter et parler comme nous définitivement dans qqs temps. Elle apprend l’anglais (euh merci je suis quasi bilingue), tu peux lui apprendre l’anglais Madeline. T’inquiètes pas, pcq tout le monde sur la terre doit apprendre l’anglais. Tu sais qu’elle mange des escargots ?« 

Après un clin d’œil m’étant destiné et s’être cru tolérante, très fière d’avoir enseigné des bases xénophobes à son enfant, j’aurais aimé lui rappeler qu’on mangeait aussi des grenouilles, mais qu’on n’enculait pas de moutons nous, puis j’ai réalisé que dieu merci ça faisait longtemps qu’elle avait perdu Madeline. Ceux sont des choses que l’on peut être amené à entendre, certaines occasions comme un mariage, peuvent rapidement du statut de « sympa » à « je te met la rage ».

Ca doit être une réaction très « humaine », car c’est quelque chose que je vis (toujours aussi difficilement) très régulièrement depuis des années.

 

 

Conclusion.

On ne nous laisse souvent pas le droit de nous plaindre, nous immigrés. Nous sommes soumis à un droit de réserve.
Il ne faut juste pas oublier que nous sommes loin de nos familles, amis avec qui il est parfois dur de garder contact quand on a 12h de décalage horaire. Il y a aussi la différence de vécu qui nous en éloigne. Ce qui renforce bien le sentiment de solitude. Quand on ne doit pas les protéger de nos propres difficultés, car incapables de vous soutenir, ils vous apporteront malgré eux plus de stress, paniqués par ce que vous vivez ; ou ne le comprennent tout simplement pas, pour certains étrangers = vaccances. Vous ne pouvez pas avoir de soucis.

Nous ré-apprenons tout ou en parti, et nous renonçons a beaucoup de choses, parfois prisonniers de notre propre culture. C’est un effort quotidien et parfois épuisant ou démoralisant quand on voit tout ce que nous devons surmonter. Il y a des jours où l’on se sent vraiment seul et à part, ce qui est dur quand on essaye de s’intégrer plus que tout.
Le manque d’empathie qui peut venir des locaux ou de sa propre nationalité est quelque chose avec lequel on a parfois du mal à dealer. Il est intéressant de voir que cela vient souvent de gens qui n’ont jamais vécu cette expérience de s’installer dans un autre pays ou qui parce qu’ils sont venus en vacances ou étudier 6 mois pensant connaître tout de cette culture. Oui, on ne le dira jamais assez, il y a une vraie différence entre s’installer et travailler dans un pays ; et tout le reste. 

Vivre à l’étranger est une expérience magnifique, choisir son pays et pouvoir y vivre est une vraie liberté. Chaque jour apporte son lot d’émerveillements, de rencontre, de découvertes. Je ne regrette pas ce choix et je conseille à quiconque le souhaitant de se donner les moyens de le vivre. Je me sens citoyenne du monde, libre de vivre où bon me semble et mon passeport me le permet :D
Faites preuve d’empathie, n’oubliez pas > ce que vous comprenez de ce que je vis, essayez de le comprendre chez l’autre malgré sa différence culturelle. Je ne le dirais jamais ASSEZ, en Asie j’ai pû voir que beaucoup de peuples n’avaient aucune culture de l’eau. Si vous n’avez jamais appris à nager peut-on réellement vous en vouloir ou se moquer ? Non ! C’est ça l’immigration , une plongée dans le grand bassin sans savoir vraiment nager.

Dans un monde où, arriver d’ailleurs est souvent stigmatisé, devenir immigré c’est s’offrir à toutes les critiques sans aucun pouvoir politique. Si la tendance est au rejet de l’autre, de sa différence, de sa culture … vous partager mon témoignage d’immigrée par cet article quelque peu larmoyant me semblait essentiel ! Et peut-être estimerez-vous à sa juste valeur l’isolation de l’immersion linguistique ? C’est parfois dur et usant de ne pas avoir d’épaule de « french frog » sur laquelle se reposer. .

Yippie ki yei M*** F**** et kiffez.

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